Fabien Galthié, impressions de Nouvelle-Zélande

Fabien Galthié, impressions de Nouvelle-Zélande

 fabien-galthieEntraîneur de l’équipe professionnelle du Stade Français en 2005, Fabien nous a livré ses impressions sur la Nouvelle-Zélande lors d’une interview téléphonique.

Né à Cahors (Lot), Fabien Galthié débute sa carrière dans le club de Tournefeuille, avant de rejoindre Colomiers, une autre équipe de la banlieue toulousaine, où il fait ses débuts en Championnat de France à l’âge de 17 ans. Avec cette formation, il atteint la finale de la Coupe d’Europe en 1999 puis celle du Championnat de France (le Top 16) en 2000. En 2001, il intègre l’effectif du Stade Français et deux ans plus tard, en 2003, il soulève enfin le Bouclier de Brennus récompensant le vainqueur du Top 16.

Bonjour Fabien, Connais-tu le site Frogs-in-NZ ?

Malheureusement non, je vais trop rarement sur internet pour visiter des sites comme celui-ci.

As-tu visité la Nouvelle-Zélande ?

Bien évidemment, au cours des tournées que j’ai pu faire avec le XV de France, nous avons visité une bonne partie de la Nouvelle-Zélande. C’est un pays grandiose, avec de grands espaces, des paysages extraordinaires. Alors je vais en surprendre plus d’un, l’Ile du Nord m’a fait penser au département du Gers avec ses grandes étendues vallonnées et ses grandes fermes…. L’Ile du sud est beaucoup plus sauvage avec ses montagnes, c’est vraiment un pays hors du commun.

Les Néo-Zélandais sont très accueillants, d’autant plus quand ils voient l’équipe de France arriver….

Comment abordes-tu un match contre la NZ ?

Toujours comme un grand moment, un privilège, je pense que c’est le rêve de chaque rugbyman que de pouvoir jouer contre l’équipe la plus populaire du monde. J’ai eu la chance de jouer contre les blacks 5 ou 6 fois, j’ai perdu à trois reprises, gagné deux fois et fait un nul et à chaque fois ce sont des souvenirs que je n’oublierai jamais, même les défaites (qui ont été très lourdes). Mon plus grand moment c’est évidemment la victoire à Twickenham pour la coupe du monde 99, où nous avons vécu des moments forts humainement, c’était une grande aventure et je suis fier d’y avoir participé. Battre les Blacks c’est toujours un exploit surtout à ce stade de la compétition, où tous les pronostics nous donnaient perdants.

Tes impressions sur le Haka ?

J’ai joué les Blacks deux fois en NZ, c’était à Wellington, et à Christchurch. Je pense que c’est en terre maorie que c’est le plus prenant. Le Haka fait partie d’un mythe, et quand tu les as en face de toi, tu te dis que tu as de la chance d’être là, c’est un moment privilégié. Ce rite est une preuve de respect pour l’adversaire.

Que penses-tu du dernier match des Français face aux Blacks ?

Tu sais les Blacks sortaient d’une belle tournée sur les Iles Britanniques avec un rugby bien en place, ils finissaient leur saison, ils étaient très bien physiquement. Du côté français, le manque de fraicheur physique s’est ressenti, le match face à l’Australie a laissé des traces, et la formule du championnat de France cette année est éprouvante pour les joueurs. Bref, les joueurs fatigués, le manque d’automatismes a remis en cause le jeu prôné par Bernard Laporte. C’est ce manque de mise en place et les défaillances physiques qui ont mené à la déroute, toutefois je reste confiant pour la suite de la saison internationale.

N’as-tu jamais eu envie de jouer pour une province Néo-Zélandaise ?

Bien sûr, j’ai eu des opportunités mais certains paramètres ont fait que je me suis dirigé vers l’Afrique du Sud, où j’ai rencontré Nick Mallett avec qui j’ai beaucoup appris……

Tu sais je pense que cela aurait été difficile pour moi de jouer pour une province, il y a tellement de joueurs talentueux. Il est plus difficile de s’imposer dans un pays étranger, les coachs sur place préfèreront toujours faire jouer un local qui a des qualités, qu’un inconnu étranger de surcroit. Je pense que j’aurais pu jouer pour un club, mais la concurrence est telle que je ne m’en serais pas aussi bien sorti qu’en Afrique du Sud.

En Nouvelle-Zélande le pays vit le rugby encore plus intensément qu’en France, on ressent les prédominances des valeurs du rugby dans les écoles, la différence de leur niveau est la passion du jeu.

De plus le niveau d’exigence vis à vis des joueurs est beaucoup important tout simplement parce qu’il y a tellement de pratiquants que l’on peut se permettre faire jouer la concurrence.

Merci beaucoup Fabien, et bonne chance pour la suite du Championnat

Merci, mais il nous reste beaucoup de travail !!!!

Propos recueillis par Cyril Favot en 2011 pour Frogs-in-NZ.

Ecrit par Matt Voir tous les posts de cet auteur →

Ex-Chef de Tribu @ Frogs-in-NZ, j'ai réalisé mon aventure en Nouvelle-Zélande en 2014-2015, entre road-trip et vie à Auckland. Currently living in Bordeaux, France :-)

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