Grande avancée dans la protection de la nature en Nouvelle-Zélande

Grande avancée dans la protection de la nature en Nouvelle-Zélande

Le 9 mars 2015, le Gouverneur Général de Nouvelle-Zélande, Gerry Matepare, ainsi que la ministre du patrimoine naturel (Minister of Conservation), Maggie Barry, ont participé à la signature de l’adhésion du plus grand bloc de territoire sous la protection du Queen Elisabeth II National Trust en Nouvelle-Zélande. 53 000 hectares (soit 530 000 000 de mètres carrés !) couvrant 4 fermes ovines dans le triangle d’or du Central Otago – lac Wanaka, Shotover River, Arrowtown près de Queenstown – sont désormais protégé par le Trust afin de préserver les caractéristiques naturelles particulières de cette zone de haut alpage du sud des alpes néo-zélandaises.

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Dénommé « Mahu Whenua », ce bloc de terre privé – propriété d’un fermier dénommé Mutt Lange – rassemble un ensemble de paysages typiques semi-désertiques de la région, ainsi que faune et flore associés. Un réseau de sentier devrait être développé afin que le public puisse profiter de ces zones reculées, et pourtant si proches des grand centres de tourisme que sont Wanaka et Queenstown.

Près de 4000 propriétés privées couvrant plus de 160 000 hectares en Nouvelle-Zélande sont inscrites au Queen Elisabeth II National Trust (QEII) et ce, dans toutes les régions et protégeant tous les écosystèmes. Ce Trust, une association indépendante fondée en 1977, permet à des propriétaires d’entrer volontairement la totalité ou une partie de leurs terres dans un contrat qui offre un cadre légal,  assistance dans la sauvegarde de la faune et de la flore et ouvre à un réseau de personnes partageant le même intérêt pour la nature. Beaucoup de fermiers ou d’éleveurs notamment protègent des parties de leurs domaines de cette manière.

Un système d’engagement volontaire

Lorsqu’une propriété adhère au système, le propriétaire signe un « covenant » (engagement) avec le Trust où sont indiquées philosophie et obligations du nouvel adhérent. Généralement, cela a pour but de garantir un retour à un écosystème le plus proche de celui trouvé avant l’arrivée des européens par des règles relatives à la non-introduction de plantes exotiques, de contrôle des animaux domestiques et des prédateurs importés.

Logo QE II National TrustMême si le Trust ne dispose pas de véritable « police » pour surveiller l’application des engagements, l’objectif est avant tout d’instiguer l’adhésion aux principes par les propriétaires et de stimuler un rapport plus sain à son environnement dans le grand public dans cette génération et dans les futures.

J’en connais personnellement les contours car, avec ma compagne, nous avons acheté en 2008 un grand bloc de forêt native de 20 hectares dans les monts du Coromandel, déjà protégé depuis plusieurs années sous ce « Covenant QE II ». Nous y avions construit un refuge après avoir bien étudié nos obligations. Le document, outre les règles relatives au ban des plantes exotiques et animaux domestiques, stipule que nous ne pouvions donc construire qu’une seule habitation sur une surface défrichée d’un maximum de 5 000 m2 (sur 200 000 donc). Si vous envisagez de protéger votre espace naturel ou d’acheter un espace « covenanted », je pourrai partager mon expérience en plus de détails.

Vue du Coromandel

La forêt native de notre propriété, qui avait été massivement exploitée pour ses kauris et ses rimus jusque dans les années 70, reprend magnifique allure depuis. Et les vues sur les grandes vallées forestières est époustouflantes. Avec des voisins, eux aussi membres QE II, nous sommes engagés dans une campagne active de contrôle des possums et rats, ainsi que des projets destinés à accroître le nombre d’oiseaux. Certaines nuits, on est parfois amené à déambuler sur les chemins afin d’enregistrer les cris des kiwis. Seules des traces dans la glaise fraîche et quelques cris la nuit nous prouvent qu’un kiwi male vit sur notre « lot ». Les représentants du Trust paient quelques rares visites pour répondre à nos questions ou discuter de nos progrès. En somme, le contrôle est très peu contraignant. Malgré tout, nous nous sentons investi d’une responsabilité morale vis-à-vis de ce morceau de terre dont nous avons la charge temporairement (le « guardianship » comme on dirait en anglais). Et ça, c’est plus fort que tous les rangers de la terre !

 

Sébastien

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