Récit d’un voyage en train en Nouvelle-Zélande

Récit d’un voyage en train en Nouvelle-Zélande

Au 19ème siècle, des efforts considérables avaient été nécessaires pour la construction d’un réseau de voies ferrées à travers la Nouvelle-Zélande. Ce qu’il en reste n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été. Malgré tout, quelques lignes de train sont encore en service et offrent un service de transport touristique. On est loin des lignes européennes aux rotations constantes. En Nouvelle-Zélande, c’est un seul départ certains jours, dans chaque sens !

En ce dimanche, ma compagne et moi partons de Wellington pour rentrer à Auckland. Un voyage de 11h à travers l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande.

Tôt ce matin-là, nous rejoignons l’imposante gare de Wellington, témoin des ambitions ferroviaires de l’époque victorienne. Après avoir fait la queue avec les autres passagers pour récupérer notre ticket (qui sera ensuite déchiré dans le train par la même personne qui nous l’a vendu), nous retrouvons notre petit train touristique, qui ressemble plus à un télécabine panoramique de montagne qu’aux trains régionaux stationnés à côté.

Des trains confortables

La micheline qui tire le convoi rappelle plutôt les trains de fret que l’Orient Express… mais heureusement les wagons nous font bonne impression. Installés dans nos sièges, on apprécie les grandes baies vitrées, les fenestraux de toit, l’air conditionné ainsi que les casques audios qui nous sont fournis pour ce voyage. Ces derniers diffusent un commentaire très complet sur l’histoire de la construction du réseau, les légendes maories et l’histoire naturelle, avant de présenter des informations sur les zones traversées (malheureusement qu’en anglais, et souvent mal calé avec les horaires de passage). Des écrans au plafond et un petit bip permettent de savoir quand un commentaire va être diffusé dans les casques. Pour compléter l’expérience, un wagon restaurant propose des plats élaborés d’excellente qualité, des snacks et des expressos servis à la demande. Les banquettes sont confortables et, là aussi, les grandes baies vitrées permettent de ne rien rater du paysage.

train nouvelle-zélande

Avant que le coup de sifflet ne soit donné, je fais un tour d’horizon des autres  passagers. Je suis surpris de voir qu’une grande partie des voyageurs semblent néozélandais, pour la plupart retraités. A cette majorité, se greffe un ensemble bigarré de touristes de tous âges. Le train part bientôt à faible vitesse pour son long voyage. C’est aussi le moment de rencontrer l’équipe à bord, et la contrôleuse principale qui ne manque pas d’humour ! (voir photo en fin d’article).

Ruralité, volcans et gorges spectaculaires

Se déroule alors sous nos yeux un bon panaché des paysages de l’île ; la côte rocheuse quelque-peu hostile et dénudée de la Kapiti Coast, ouvrant sur la mer de Tasman et l’île du Sud au loin. Puis se succèdent les longues étendues rurales du Manawatu. Ce voyage en train est résolument un voyage dans la ruralité de la Nouvelle-Zélande.

Les grands moments viennent plusieurs heures après le départ ; dans le sens Wellington-Auckland, on passe d’abord en bordure des méandres des spectaculaires gorges de Rangitikei, aux flancs couleur de sable. Puis, le plat de résistance arrive, ce sont les volcans du Tongariro. Si vous avez la chance que le temps soit clément, vous serez récompensés non seulement par leur vue majestueuse, mais vous apprécierez aussi la beauté saisissante des forêts de podocarpes que vous traversez, à l’épaisse toison indomptée vert sombre, et les multiples gorges sculptées par les torrents dans les coulées de lave. De nombreux ponts rendent l’étape spectaculaire. On se presse alors dans le wagon arrière, ouvert sur l’extérieur, où le vent et bruit rendent l’expérience encore plus prenante. Les arrêts à Ohakune et National Park permettent de se dégourdir les jambes.

train volcans nouvelle-zélande

Les viaducs et le célèbre Raurimu Encline, une prouesse technique, qui permet au train de gérer un dénivelé trop élevé proche des volcans, datent de 1880. Je mesure la difficulté de construire une ligne de chemin de fer dans un relief si inhospitalier. Au passage, j’ai une pensée pour les hommes qui durent creuser dans le sol volcanique et tailler dans les rudes forêts ancestrales !

Terre du milieu et arrivée sur Auckland

Mais revenons à nos moutons, si je puis dire. S’ensuivront ensuite la région enchanteresse du King Country, avec ses vallonnements, ses fermes aux pâturages au vert pétard parsemé de bosquets. Une région qui aurait pu aussi être aussi choisie pour la Comté des Hobbits plutôt que Matamata. La fin du voyage est proche, déjà l’urbanisation qui gagne sur les campagnes du sud d’Auckland se dévoile. La dernière heure présente peu d’intérêt, c’est un voyage dans l’architecture suburbaine assez laide. On voit alors bientôt au loin la Skytower, entre deux mamelons volcaniques verdoyants. Et puis, en guise de bouquet final, la sortie du tunnel de Glen Innes fait comme un lever de rideau sur la baie d’Auckland, superbe et lumineuse dans son contraste entre le vert des monts et le bleu de l’océan sage.

Train arrivée Auckland

Le train ne va pas jusqu’à la nouvelle gare centrale de Britomart, mais s’arrête à une petite gare spéciale. Il faut donc prendre un court trajet en taxi pour rejoindre le centre-ville.

Sébastien Michel

ps : Nous vous conseillons aussi les trains dans l’île du Sud, dont le Tranzalpine, qui relie Christchurch à Wellington, spectaculaire ! Sachez que si vous êtes de passage à Dunedin, le Taieri Gorge Railway est une excellente occasion de traverser la fascinante région de l’Otago à la journée de manière originale. Ces options peuvent être organisées par notre agence de voyages dans votre circuit.

Pratique : le train Northern Explorer roule les mardi, vendredi et dimanche. Départ 7h45 arrivée Wellington 18h20. Sens inverse, 7h55 – 18h45. A partir de $99. Notre agence de voyages peut inclure ce voyage en train dans votre itinéraire en Nouvelle-Zélande.

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