Seb dans l’île Sud : Christchurch et Akaroa

Seb dans l’île Sud : Christchurch et Akaroa

Pendant une semaine, Sébastien, co-fondateur des Frogs, est parti en road trip à travers l’île Sud à la rencontre de nos prestataires. De retour à Auckland, il vous raconte son voyage en 3 épisodes.

On ne se lasse jamais de la beauté de l’île du Sud. Même après plusieurs road trips de rédaction des guides ou de tourisme, toujours la même extase devant la majesté des paysages, de leurs proportions, des couleurs et des lumières. Cette fois-ci, je faisais fort. Le tour de l’île du Sud, ou à peu près, en moins de 6 jours. La raison : aller voir nos partenaires du réseau Frogs Club

Christchurch, ville meurtrie

N’ayant pas eu l’occasion de revenir à Christchurch depuis le tremblement de terre destructeur de 2011, ma surprise est bien plus grande que je ne l’escomptais. Accompagné par des amis locaux, nous prenons la voiture direction le centre. Nous traversons des quartiers résidentiels où rien ne semble avoir vraiment changé : les maisons sont là, les routes et les trottoirs entretenus, les murs debout. On doute – n’aurait-on pas un peu exagéré ? Et là commencent à se succéder de plus en plus de terrains vagues laissés aux mauvaises herbes, de plus en plus de détours, des alignements de cônes routiers. Là où on s’attend à trouver de l’élévation, qui forme un centre-ville, on en trouve de moins en moins. Comme si on en sortait plutôt, de cette ville ! Se garer est un jeu d’enfant parmi les sections fraîchement déblayées où devaient sûrement s’élever d’élégants bâtiments en briques. Le tour commence. « Cette rue était le centre de l’animation nocturne, avec sa succession de bars », « cette rue-ci, c’était l’élégante rue piétonne où tout le monde venait faire ses emplettes », « là c’était le Strip, avec sa vie nocturne frénétique »… ce qu’il en reste laisse pantois. Tous les élégants bâtiments du 19ème et du début du 20ème siècle ont disparu, laissant la place aux graviers et aux courants d’air. Il reste des bâtiments debout bien sûr, généralement plus récents, mais à y regarder de plus près ils sont souvent abandonnés, flottant dans les limbes entre la destruction et la rénovation. Aucun indice ne permet de rapprocher la ville que je connaissais de cet endroit que je visite comme pour la première fois. Plus la foule affairée du passé, mais quelques poignées de résidents vaquant à leurs occupations, marchant hâtivement dans ce quadrillage parfait d’avenues exsangues. Quelques touristes ou curieux aussi, admirant, comme nous, les restes non écroulés de ce magnifique théâtre victorien dont la façade est masquée par un empilement de containers maritimes. Ici le container, le cône et la pelleteuse sont rois. Ils rendent de rudes services. Le clou de la visite : la cathédrale anglicane centrale. Décapitée, éventrée et laissée pour morte aux yeux de tous derrière ses hauts grillages. Elle attend silencieusement son sort qui se joue à coup de déclarations tonitruantes, de débats enflammés et de poings sur la table dans les réunions du conseil municipal. Et pourtant, au milieu de tout cela, la vie renaît doucement. Déjà, l’Art Centre, cet ensemble d’élégants bâtiments de style renaissance, fleuron architectural victorien en pierre grise volcanique qui abritait jadis l’université, est en grande partie sauvé. Le tram a réduit son parcours mais a repris sa routine.

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Enfin, ce sont des installations artistiques dans cet espace vide ici, des instruments de musique faits de futs et de bidons là, un jardin communautaire libre d’accès plus loin, un centre commercial chic dans des containers transformés (Re-Start Mall) et plein d’autres pousses qui montrent que l’on va oublier, que l’on va reconstruire. Mais on le voit bien, cela va prendre des années, des décennies, et il en sera fini de la « ville la plus anglaise hors d’Angleterre », car désormais elle sera résolument contemporaine cette capitale de l’île du Sud. Acier et verre remplaceront la brique et la pierre, c’est ainsi !

Akaroa, la petite France des antipodes

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Lundi, direction Akaroa, le village « français » du pays, sur la péninsule montagneuse de Banks. Le contraste avec « Christchurch la plate » est bienvenu. On prend de l’élévation, les panoramas sur vallées et océan deviennent époustouflants. La route de crête de cet ancien système volcanique compte parmi les plus belles du pays. Une heure plus tard on descend sur Akaroa. On navigue entre les drapeaux français qui pendent de chaque vitrine. Ici, on ne parle plus tellement le français, mais l’association aide rudement le commerce. Même le garage local affiche fièrement « réparations automobiles ». On est pas peu fiers des 80 Français qui débarquèrent ici en 1840, trop tard pourtant pour en faire une petite France, les Anglais étant déjà les maîtres depuis peu. Une floraison de plaques le long du littoral rappelle l’événement et les destinées des descendants, qui se fondirent finalement bon gré mal gré dans la société anglaise. Mais ce n’est pas l’histoire qui m’attire ici ce jour-là, mais Blackcat Cruises, l’opérateur local qui organise les croisières à la rencontre des très rares dauphins d’Hector.

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Ces tout petits dauphins (1,5m) habitent littéralement à l’embouchure de l’immense port naturel d’Akaroa. Et ce jour là je serai gâté ! A bord de ce bateau de croisière aux larges plateformes et coursives extérieures, nous serons approchés par des dizaines de ces petits dauphins sociaux et joueurs (mais difficiles à photographier, comme le prouve mon cliché !). 20 minutes durant, ils joueront avec les coques du bateau, faisant la course avec l’étrave, plongeant d’un côté à l’autre et offrant un spectacle joyeux aux voyageurs bienheureux. Je ne choisis que la croisière au sec, mais l’opérateur propose aussi à ceux qui sont prêts à braver les eaux froides d’aller nager avec les dauphins sur un autre bateau spécialement construit pour la plongée (heureusement la combinaison néoprène intégrale fournie !). Une expérience unique car il ne reste que 300 spécimens de ce mammifère unique à la Nouvelle-Zélande. Et bonus, avec la carte Frogs Club, vous paierez 10% moins cher !

Prochain épisode : Dunedin, Queenstown et Wanaka.

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