Seb dans l’île Sud : West Coast et Kaikoura

Seb dans l’île Sud : West Coast et Kaikoura

Pendant une semaine, Sébastien, le co-fondateur des Frogs, est parti en road trip à travers l’île Sud à la rencontre de nos prestataires. Récit de son voyage en 3 épisodes.

La Wild West Coast…

C’est toujours un grand moment que de traverser les Alpes par un de ces 3 cols (« pass » en anglais). Aujourd’hui ce sera le Haast Pass. Cette route unique, terminée seulement dans les années 60, permet maintenant de relier la côte aux grands lacs du sud. Quel bonheur que de quitter l’aridité du Central Otago pour l’exubérance des denses forêts qui couvrent vallées et montagnes du cœur des Alpes et de la côte ouest. La route est magique et le temps est splendide, je suis chanceux. Plein de courtes marches agrémentent le voyage et permettent de pénétrer dans ces univers non perturbés par l’homme, peuplés de troncs tortueux, d’eau et de mousse, où flotte une agréable odeur de miellat. Elle provient de milliers d’insectes quasi invisibles à l’œil nu qui piègent leurs proies par une minuscule goutte de liquide sucré qu’ils suspendent comme des cannes à pêches le long des troncs. Après d’étroites vallées, le paysage s’ouvre, les rivières s’élargissent en d’immenses méandres de galets, c’est la côte. Direction le nord maintenant à travers les immensités peu peuplées, humides et sauvages. La route paraît toute petite sous les hautes futaies ancestrales de rimu, totara et matai (arbres natifs) qui l’enserrent de près. A chaque tournant un panorama différent, un lac, une immense plage couverte de bois flotté, un point de vue sur les côtes abruptes où semble flotter un brouillard permanent. Et toujours les hautes montagnes alpines, majestueuses, comme un mur sur ma droite, à l’est. Pendant plusieurs heures, plus de couverture téléphonique, plus de radio, peu de traces de la civilisation, comme sorti du temps. Et bientôt tout cela revient, on approche des glaciers, haut lieu touristique de la côte. Je fais la montée de rigueur à Sentinel Rock, qui offre une vue superbe sur le glacier Franz Josef.

franz_josef

Regardant la photo prise en 2003 sur l’appli Frogs, je me rends compte à quel point il a reculé en 10 ans. Retour à la voiture, direction le village. J’y vérifie que tout va bien chez Franz Josef Glacier Guides et Glacier Hot Pools qui offrent aussi 10% sur les sorties à pied ou en hélico au glacier, un must dans la région. Je pose mes bagages au Rainforest Retreat pour un repos bien mérité, accueilli bras ouvert par Oscar, le manager de ce super lodge, avec lequel nous boirons un bon coup en discutant, devinez quoi… tourisme en Nouvelle-Zélande ! Mon studio dispose d’un deck entouré de “bush” natif, comme la majorité des bungalows de ce complexe étonnant. On y dort du sommeil des braves.

Kaikoura, reine de la côte

Il fait sombre enfermé dans la forêt primaire, j’en rate mon réveil ! Pas génial car aujourd’hui ce sont 9 heures de route qui m’attendent… Le plein d’essence fait, une banane pour petit-déjeuner, je fonce vers le nord. L’ambiance est mystique sur cette côte battue par les éléments. Et parfois une ouverture dans le ciel découvre un morceau de montagne baigné de soleil, j’en fais presque une sortie de route ! Après 2 heures de conduite, premier arrêt : le village de pionnier de Shantytown, constitué d’un train à vapeur d’époque en état de marche et d’un véritable village reconstitué à partir de bâtiments historiques déplacés ici. C’est ma troisième visite, mais je ne me lasse pas de déambuler dans le passé. J’y rencontre Nickelle et Andrea qui gèrent le site, proposent une réduction aux membres Club et me parlent des nouveautés comme la fonderie. Au loin, des enfants en costumes d’époque sont en récré. Ai-je la berlue ? Non, le site accueille des écoliers pour une journée d’immersion dans l’éducation du 19ème ! Je reprends la route et quitte bientôt la côte pour une autre des trois routes qui traversent la barrière des Alpes : le Lewis Pass. Là encore, difficile de garder ses yeux sur la route tant le paysage est extravagant. Les occasions de photos sont légion, mais je me fais violence : pas le temps ! C’est à 18h que j’arrive enfin à Kaikoura, sur l’autre côte.

kaikoura

J’aurai traversé l’île d’ouest en est dans la journée, ce que je ne recommande véritablement pas si vous êtes en visite !  De ce côté, la végétation n’est pas aussi abondante, mais le relief est fascinant. En arrière-plan de la ville, une chaîne de hauts sommets, et devant l’océan et sa plage de galets, une longue promenade plantée de hauts pins Norfolk. La ville là aussi tient sa réputation de sa péninsule qui s’avance en mer et héberge toute une foule d’otaries et d’oiseaux. L’écosystème riche repose sur un très profond canyon marin si proche de la côte que les cachalots et toute la chaîne alimentaire qui en découle y vivent à l’année. Une aubaine pour les visiteurs qui verront ici les géants des océans mais aussi des centaines de dauphins et une dizaine d’espèces d’albatros, sans compter les espèces moins spectaculaires. Le petit centre-ville ne présente qu’un intérêt limité, ni beau, ni charmant, mais on peut s’y restaurer correctement. J’en profite pour ajouter dans l’appli une nouvelle adresse, le Groper Garage où je rencontre un couple de Français en fin de voyage avec qui discuter de nos aventures respectives. Ce soir, je dors en dortoir dans un backpacker. Cela faisait un bail. Je suis souvent étonné du peu de fraternité que l’on rencontre dans les salles communes des auberges. Chaque groupe ou chaque nationalité dans son coin. Timidité probablement, dommage. Je partage ma chambre avec deux routardes du nord de l’Europe, pas mal non ? On discute, puis dodo.

otarie

Au matin, direction Whale Watch Kaikoura, l’opérateur que l’on ne présente plus qui organise les croisières high-tech à la rencontre des baleines (enfin, des cachalots pour être précis). Beau fixe sur le nombre d’animaux en mer, nos membres du Club auront l’occasion de bien profiter de leur expérience. Je vais ensuite voir Encounter Kaikoura, qui organise des sorties réputées à la rencontre des dauphins (que l’on rencontre souvent par centaines !) et des sorties albatros. Ce dernier est très populaire pour les ornithologues amateurs, qui se régaleront de voir des centaines d’oiseaux de si près. Ok, ils trichent un peu car ils attirent ces élégants oiseaux avec des carcasses de poisson. Il faut bien faciliter les présentations ! Chez Encounter, le service client est roi, je m’en rends compte dans leur centre moderne et agréable qui dispose du seul café avec vue sur le front de mer. Lynette, la directrice, est charmante et ravie de proposer 10% et probablement un cadeau aux membres du Club (à venir donc). Super, je repars gonflé à bloc pour Christchurch – sans rater un petit bonjour à l’otarie isolée sur les rochers en bord de route – où je reprends bientôt mon avion pour Auckland, home sweet home…

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