The Dark Horse, un film kiwi à voir

The Dark Horse, un film kiwi à voir

Assez étonnemment mis en scène par un réalisateur d’origine européenne (James Napier Robertson), Dark Horse s’inspire de l’histoire vraie de Genesis Potini, un quinquagénaire maori déshérité souffrant de troubles mentaux qui retrouve le chemin de la vie en replongeant dans sa passion de jeunesse, les échecs. L’intrigue principale se déroule dans les communautés maories pauvres de Gisborne, à l’est de l’île du Nord. Genesis, surnommé Dark Horse dans un passé de joueur étoile qui restera mystérieux tout au long du film, se lie avec un petit club amateur d’échec composé de jeunes maoris déshérités, souvent orphelins, qu’il décide d’entraîner puis de mener, dans un accès de quasi-démence, à la compétition nationale d’Auckland. L’intrigue suit les personnages dans leur combat contre l’ignorance, la pauvreté et les gangs briseurs de rêves, et termine bien entendu sur une note d’espoir assez hollywoodienne.

Si le film est parfois violent et sombre, on est captivé par le jeu d’acteur splendide de Cliff Curtis, Dark Horse, qui emmène une équipe hétéroclite de personnages plus pathétiques et drôles les uns que les autres, dont des jeunes déjà célèbres (James Rolleston, Boy). Cliff Curtis revient dans un registre connu ici car le film n’est pas sans rappeler le célèbre Once Were Warriors (L’âme des guerriers) où il jouait Bully, qui traitait crûment du drame des gangs de Nouvelle-Zélande.

Si vous voyez le film en version originale non sous-titrée, il va falloir d’abord vous habituer à l’accent spécifique des Maoris de Nouvelle-Zélande, ce qui demande un certain effort en début de film, mais aussi aux nombreux mots de Te Reo (la langue) entrés dans le langage courant (whanau, tamariki, taniwha, tohunga, karakia, hui, etc. voir le lexique de l’app Frogs !). Même si le film se complaît dans quelques clichés tenaces sur la culture maorie contemporaine, j’ai beaucoup apprécié le rythme, le jeu d’acteur et l’humour omniprésent, qui allègent – et on y croit lorsqu’on vit sur place – le quotidien si peu reluisant de ces communautés. J’aime aussi toujours voir mis en scène les quartiers et les paysages de Nouvelle-Zélande, loin des clichés touristiques, où le pays est si humble et pourtant toujours si attachant.

Une histoire poétique à ne pas rater !

 

Sébastien Michel
Fondateur de l’agence francophone locale Frogs

 

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