Waitangi Day, l’histoire en marche

Waitangi Day, l’histoire en marche

La Nouvelle-Zélande célèbre un événement essentiel de son histoire ; la signature du traité de Waitangi. Ce traité, bien que depuis toujours controversé, est une pierre angulaire de la société néo-zélandaise. Signé le 6 février 1840 dans la Baie des îles (Bay of Islands) dans l’île du Nord entre les représentants de la couronne d’Angleterre et quelques 45 chefs de tribus Maoris, il avait pour vocation de permettre une colonisation régulée du territoire par les anglais en contrepartie de la reconnaissance et de la protection des droits et biens des peuples Maoris…

Quelques 162 ans plus tard, alors que le jour est devenu férié, le Premier Ministre Helen Clarke, est retournée célébrer l’événement sur le lieu de sa signature. Elle a été reçue traditionnellement par des personnalités de la minorité Maorie dans la « National Te Tii Marae ». Une Marae étant le lieu central de culte, de cérémonies et de prestige des tribus Maories.

La venue d’Helen Clarke, loin d’être anodine, est un signe fort d’apaisement dans les relations entre les « Pakehas » (occidentaux) et les Maoris. En effet, aucun représentant de la couronne n’était venue célébrer cet évènement depuis 4 ans suite aux harangues des activistes de la cause Maorie qui avaient à l’époque entachés la cérémonie et tirés des larmes à Helen Clarke.

Depuis 1840, le traité a toujours eu pour vocation de permettre aux Maoris de vendre leurs terres de manière protégé, là ou la colonisation dérégulée des premières heures avait engendré des abus et des aberrations propices à de dangereux désaccords.
Le traité a aussi impliqué l’abandon par les tribus de leur souveraineté au profit de la couronne d’Angleterre. En contrepartie, ceux-ci attendaient de bénéficier de manière égale du développement économique de leur pays et des progrès sociaux apportés par les européens (éducation, santé… )

Sur certains points, le traité est un échec. La minorité Maorie d’aujourd’hui est plutôt au bas de l’échelle sociale du pays. Ne bénéficiant pas des mêmes facilité d’accès à l’école et à la santé que la plupart des néo-zélandais blancs, les Maoris sont souvent repoussés à la périphérie pauvre des villes. Ils occupent des emplois à faible rémunération et sont souvent indemnisés par un état « providence » peu enclin à changer rapidement les choses. Cette situation entraîne une certaine rancoeur vis à vis des Pakehas et des autres minorités de plus en plus importantes issues du pacifique ou d’asie.

Sur certains autres points, le traité est un succès. A l’inverse de beaucoup d’autres pays de colonisation, la Nouvelle-Zélande peut se targuer d’avoir un texte régulant les relations entre des peuples aux intérêts parfois divergents. Helen Clarke rappelle à ce sujet que contrairement à l’Irlande et à la Bosnie, le pays dispose grâce au traité d’une base solide de référence et de travail pour l’amélioration des relations entre Pakehas et Maoris.

Le bilan du traité est assez controversé auprès des intellectuels et hommes politiques néo-zélandais. Pour certains, il accorde trop de droits (lieux sacrés et pêche notamment) aux Maoris qui ne devraient plus se prévaloir de leur antériorité dans le pays. Le discours est notamment assez populaire parmi les agriculteurs, remontés contre les droits à payer directement ou indirectement aux Maoris pour l’utilisation de telle terre ou de telle zone de pêche.

Pour d’autres, parmi lesquels on compte les activistes Maoris, le Traité, dans son application actuelle, n’accorde pas assez de droits aux Maoris. Ceux-ci souhaitent surtout pouvoir bénéficier des progrès tant promis par l’Acte et le droit à une certaine auto-détermination. Ainsi, certains parlent de la création d’un gouvernement séparé régulé et harmonisé avec le gouvernement en place par un « Treaty House », une sorte de Chambre Commune.

De l’avis des journalistes du pays, l’activisme pro-maori semble pourtant avoir perdu de sa virulence. Peut-être le signe d’une meilleure compréhension et d’une amélioration des conditions de vie de tous ?

Les leaders Maoris promettent pourtant que la relève arrive avec l’arrivée de la prochaine génération…

Pour tous, ce jour férié a malgré tout été l’occasion de profiter du soleil et de la douceur de vivre en Nouvelle-Zélande.

Article écrit par Seb en février 2002

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Ex-Chef de Tribu @ Frogs-in-NZ, j'ai réalisé mon aventure en Nouvelle-Zélande en 2014-2015, entre road-trip et vie à Auckland. Currently living in Bordeaux, France :-)

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