Whiritoa, baie oubliée du Coromandel

Whiritoa, baie oubliée du Coromandel

Sebastien nous emmène découvrir les curiosités de ce petit village balnéaire de la côte sud du Coromandel. Curieusement, il avait été oublié dans toutes les éditions des Guides des Frogs. Et pourtant il recèle une belle plage et des trésors cachés…

Je comprends mieux maintenant pourquoi le village nous avait échappé. Il est si facile de rater la seule et unique route qui relie le hameau, sur la route entre Whangamata et Waihi, villages plus courus.

A premier abord, le village fait figure de parent pauvre de la côte avec ses quelques pâtés de maisons sans charmes, pour la plupart des constructions des années 60 et 70 (entendez fenêtres en alu et murs synthétiques imitant le bois). Tout l’intérêt du lieu se concentre sur sa belle plage et surtout ses extrémités nord et sud, qui recèlent des surprises.

Ce week-end-là, nous n’étions pas gâtés par le temps, car même au cœur de l’été, nous subissons un large front humide venant du Pacifique. Et bien malheureusement pour nous, la côte est du Coromandel prend de plein fouet vent et humidité. Bref, en un mot, le temps est pourri. Dommage car le littoral est réputé pour le surf quand les conditions sont bonnes (c’est à dire un vent venant de l’ouest, à l’opposé des conditions actuelles). La planche de surf que j’avais amenée pour l’occasion fera potiche dans le jardin de la maison que nous avons louée.

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Un petit papy local, vendeur de légumes et bavard impénitent, nous renseigne sur les « surprises » à découvrir ici. Dans une éclaircie, le premier jour, nous prenons donc le chemin du nord et de son premier bon plan. Un sentier commence juste après avoir traversé la partie sud du « lagon » formé par le dernier coude de la rivière avant de se jeter en mer. Ce lagon est en lui-même une attraction. Peu profond, large et tranquille, bordé au nord par les coteaux boisés de la péninsule qui ferme la baie, il fait la joie des enfants et des paddle boards. Et cadeaux bonux, des résurgences géothermiques rendent le sable chaud sous le pied à de nombreux endroits et une succession de balançoires improvisées pendues aux grands pohutukawas qui bordent le site offrent des heures de loisirs gratuits !

De ce lagon, un sentier grimpe la péninsule boisée, longe la falaise et rejoint une crique de sable fin isolée ou l’on peut se baigner, comme Robinson Crusoé sur son île. Comptez 20 minutes de niveau facile pour vous y rendre (Waimama track).

A l’étal de marée haute ou de marée basse, ce sera vers le sud de la plage de Whiritoa qu’il faut se rendre car une autre surprise attend le visiteur. En contournant par la terre la haute barre rocheuse qui coupe une partie de la plage et l’océan, ou avoir grimpé les sentiers forestiers qui la truffent (dont le départ est masqué sous les branches basses de Pohutukawa, juste après la curieuse brèche ouverte sur l’océan), on atteint le véritable but de la balade, le ‘Chasm’. Ce terme désigne une sorte d’immense trou béant dans le bush ouvrant sur un bassin que l’océan vient remplir au gré des marées, voire l’attaquer de ses vagues furieuses le week-end de notre visite !

whiritoa-chasm

A marée basse, un tunnel permet d’y entrer et d’admirer cet hémicycle parfait entouré d’arbres, tout en jouant à cloche-pied sur les gros rochers éboulés en son centre. A marée haute, si les vagues sont au rendez-vous, c’est de son sommet qu’on assiste au souffle puissant de l’océan qui semble cracher son écume dans cet espace irréel. Les coups sourds que porte Tongaroa, le Dieu des océans sur la falaise et le spectacle de son souffle dans le chasme sont impressionnants. Malheureusement les dieux sont cruels et si on n’est pas équipé de crème anti-insecte, on a affaire à la morsure de leurs petites copines, les sandflies qui peuplent le site…

Si vous passez par là, voilà de quoi remplir une bonne journée.

Sébastien.

A savoir : pas de campings au village. Une épicerie est ouverte en journée et propose des burgers et fish & chips jusqu’à 18h.

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